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Visite de François Fillon : Sous le signe de l’euro
Flash CCIFJ | 13 juillet 2010

Le Premier ministre de la République Française François Fillon sera à Tokyo les 15 et 16 juillet.

Ce voyage, qui le conduira également en Nouvelle Calédonie, aura pour thème important l’euro, comme le montre la liste des thèmes qu’il déclinera lors de la conférence qu’il doit donner vendredi matin à Tokyo : « la situation de l’euro et de la zone euro, la présidence française du G8 / G20 en 2011, les questions de gouvernance mondiale et les relations franco-japonaises ».

La composition de la délégation est également très « financière » : aux côtés du Premier ministre voyageront la ministre de l’Économie Christine Lagarde, le président de l’Autorité des Marchés Financiers Jean-Pierre Jouyet, le président de la BNP Jean Lemierre, le second sous-gouverneur de la Banque de France Jean-Pierre Landeau.

La presse japonaise s’est montrée particulièrement inquiète sur l’avenir de l’euro depuis le déclenchement de la crise grecque. Certains commentateurs n’hésitaient pas à pronostiquer le démantèlement de l’euro. La faiblesse de ce dernier par rapport au yen n’était pas pour les rassurer. Le Premier ministre lui-même Naoto Kan a vu dans la Grèce un « cas d’école » qui pourrait selon lui préfigurer le Japon si la dette de ce dernier continuait à gonfler.

François Fillon aura justement pour tâche d’apporter un peu de clarté dans le débat sur l’euro au Japon. Pour un financier établi dans l’archipel, « on s’aperçoit qu’au fond le Japon est mal informé des mécanismes de la zone euro, et qu’il se fie trop facilement aux articles de la presse financière anglo-saxonne ».

Malgré l’absence de chiffres officiels, on sait qu’une part non négligeable de l’épargne japonaise est en euros.

La chute de l’euro face au yen est aussi lourde de conséquence pour l’industrie japonaise. Selon Nobuyuki Saji, économiste en chef de MUFG, les ventes des entreprises japonaises en Europe représentent chaque année 47.800 milliards de yens (426 milliards d’euros). Soit 10% du PIB nominal du Japon (ces chiffres comprennent les exportations du Japon mais aussi les ventes des entreprises japonaises à des clients européens dans le reste du monde).

Pour cet économiste, la baisse de l’euro, qui renchérit les produits en yens, est surtout pénalisante pour les industries suivantes : les équipements de transport, ceux d’information et de télécommunications, enfin les produits chimiques.

La baisse de l’euro enfin a un effet collatéral sur les entreprises japonaises : elle favorise le concurrent allemand sur les marchés tiers, comme la Chine. « Dans l’automobile, la chimie et l’équipement, la part de marché allemande en Chine ne cesse de progresser », observe Nobuyuki Saji. Pour lui, il pourrait se produire pour l’Allemagne le même effet d’aubaine que pour la Corée du sud, dont les exportateurs ont longtemps joui d’un won très faible face au yen.

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