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Portrait d’un ingénieur esthète, spécialiste des nouvelles technologies dans l’industrie de la construction
L’énergie solaire dans les années 70
Hideo Miyahara est ingénieur pour Obayashi Corporation, un des 5 grands du secteur au Japon. Il y est entré en 1979 et y finira sa carrière, selon toutes vraisemblances. Jeune diplômé du Tokyo Institute of Technology, il travaille dès l’entame de sa carrière dans la recherche : "J’ai commencé par travailler sur le développement des technologies liées à l’énergie solaire. Bien sûr, l’installation d’équipements dépendait largement des subventions. Dans les campagnes japonaises, les ménages s’en servaient pour chauffer l’eau de leur bain ; en ville, l’eau chaude produite était utilisée pour le chauffage et la climatisation des bâtiments équipés."
Lune de miel
Très vite, il se sent à son aise dans l’entreprise : "J’ai eu de la chance d’entrer chez Obayashi car en 1979, le marché de l’emploi était difficile", 2e choc pétrolier oblige. "J’ai souhaité très tôt travailler dans ce secteur car mon grand père possédait une petite société de construction dans le Nord du Japon, mon père était ingénieur chez Tokyo Electric, et le métier d’ingénieur m’attirait." Il n’a d’ailleurs jamais regretté son choix. "J’ai senti que la solidarité entre employés était forte. C’est encore le cas aujourd’hui et beaucoup d’observateurs extérieurs présentent l’entreprise comme rétrograde. Mais je ne vois pas les choses de cette manière, la solidarité est un élément essentiel de la vie d’une équipe".
Brimades...
En 1981, Hideo Miyahara participe à la construction de l’immeuble Taiyo Seimei Higashi-Ikebukuro, un bâtiment destiné à accueillir ce que l’on appelle aujourd’hui un data center. "Je m’occupais des questions de refroidissement des salles de machines, un des aspects du second œuvre." Une broutille pour le responsable du ferraillage, aspect du chantier jugé plus important dans l’entreprise : "Le responsable de cette section voyait d’un mauvais œil l’arrivée d’un jeune ingénieur comme moi, frêle diplômé d’une école tokyoïte..." Il en fait les frais pendant les soirées après le travail. "Cela m’a beaucoup décontenancé, c’est ainsi que j’ai découvert le monde viril de la construction."
... puis la France...
Lien de cause à effets ? Il quitte le Japon de 1983 à 1985 et rejoint la France pour un stage de formation. Il intègre pendant un an la société Solétanche, spécialiste du matériel de forage de fondations, "une excellente société qui existe toujours", où il étudie la question du stockage thermique en sous sol. Il passe ensuite une année au Centre scientifique et technique du bâtiment, à Paris et à Sophia Antipolis, où il rencontre un certain Jean-Yves Bajon qui prendra dans les années 2000 la tête de la Mission économique de l’ambassade de France au Japon. Il participe aussi à l’un des premiers projets d’Obayashi en Europe, à savoir la construction de l’usine Canon à Liffré, près de Rennes. "J’ai aussi profité des services d’une association pour les stagiaires étrangers, Actim, pour visiter la France de part en part. J’ai d’ailleurs noué des liens d’amitié avec une des personnes qui y travaillait - et qui y travaille toujours -, et ces liens ont perduré. L’an passé, quand ma fille a été poursuivre ses études en France, elle a très régulièrement rencontré cette amie. Ces liens d’amitié sont précieux."
... et les États-Unis
À deux reprises, il est affecté aux Etats-Unis pour la construction d’usines : des écrans de téléviseurs couleur dans l’Ohio, des semi-conducteurs en Californie. Cet amateur de bonne chair et de bon vin, joueur de tennis distingué y apprécie la vie quotidienne, l’excellence des infrastructures, "sauf pour les transports", mais regrette la faible présence de culture dans les villes qu’il traverse.
Constructeurs japonais vs constructeurs français
"Je pense que la force des constructeurs japonais est de savoir maîtriser les budgets et les délais avec une grande efficacité ; leur point faible est certainement la faiblesse de leur expérience à l’étranger. Les constructeurs français de leur côté ont su s’internationaliser : Vinci, n°1 mondial dans son domaine, a su s’intégrer à de nombreux partenariats public-privé et développer des projets clés en main - construction et exploitation d’infrastructures comme des autoroutes, des parkings. Bouygues de son côté a réussi la diversification de son activité en se consacrant avec bonheur aux télécommunication et à la communication." Des faiblesses ? "Ils en ont peut-être, nous sommes en tout cas en train de les rechercher !"
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