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Lancement de la Leaf de Nissan : Hideaki Watanabe détaille la stratégie électrique du constructeur japonais
Hideaki Watanabe, Corporate Vice President, Global Zero Emission Vehicle Unit, Nissan Motor
Edito | 1er juillet 2010
Hideaki Watanabe a mis sur pied The Global Zero Emission Vehicle Unit en avril 2010 pour Nissan, avant de créer l’équivalent pour l’Alliance Renault-Nissan. Quelque soit la casquette qu’il revêt, sa mission consiste à organiser la filière électrique de chacune des entités, de rassembler toutes les compétences, d’éviter toute contradiction entre les différentes composantes de Renault, de Nissan et de l’Alliance. Par cet éditorial, il dresse un état des lieux des défis auxquels font face ses équipes au moment du lancement de la Leaf, le modèle tout électrique - et zéro émission - à succès de Nissan.

Selon le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il est essentiel de contenir la hausse de température à 2°. Cela implique pour l’industrie automobile une réduction des émissions des véhicules de 90% par rapport à l’année 2000. Nissan a fait le choix de développer des modèles électriques qui paraissent être à ce jour la seule option crédible pour atteindre un tel objectif.

18 années de recherche
Nissan travaille depuis 18 ans au développement de batteries performantes pour voitures électriques. Cela nous a conduit à nous intéresser aux batteries Lithium Ion. Cet effort de longue haleine a accompagné le lancement de plusieurs modèles électriques. En 2007, Nissan a mis en route le chantier de la Leaf et nous sommes aujourd’hui en mesure d’annoncer que nous sommes prêts à jouer pleinement notre rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Tout nous y pousse : au-delà des objectifs fixés par les autorités, nous observons que les consommateurs ont suffisamment souffert des variations du cours du pétrole, ils souhaitent ne plus en dépendre... On nous dit aussi que cette matière première manquera dans 40 ans. Si cette prévision s’avère juste, l’électrique prendra le relais. Nous en faisons le pari.

Production de masse
La technologie est prête, et les consommateurs aussi : depuis le 1er avril, nous avons enregistré 19.000 commandes de la Leaf aux États-Unis, au Japon et dans quelques pays européens (à compter du 7 juin, ndlr). Le site de production japonais, à Oppama, est en ordre de marche et nous commencerons à vendre en décembre 2010. En 2012, nous vendrons la Leaf sur tous nos marchés. Nos autres modèles électriques (une compacte pour 2 personnes, un utilitaire, un modèle de luxe...) suivront. Nous localiserons notre production en 2012 et 2013 aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ce qui nous permettra de gagner en compétitivité sur ces marchés. Renault aussi suit la même démarche et prépare le lancement de sa Fluence, l’équivalent français de la Leaf, entre autres modèles électriques.

Des partenariats
Notre service s’appelle Global Zero Emission Vehicle Unit. Le nom que nous lui avons donné sous tend que nous nous plaçons dans une démarche qui dépasse la simple production de voitures électriques. Nous multiplions les partenariats afin d’aller aussi loin que possible dans la démarche zéro émissions. Nous travaillons sur l’extraction des matériaux bruts, la location de voitures, la réutilisation des batteries avec la maison de commerce Sumitomo. Un mot sur le deuxième usage : quand l’itinéraire d’une voiture électrique s’achève, celui de sa batterie n’est pas fini. L’industrie des panneaux solaires y trouvera son compte, que ce soit pour les habitations, les usines ou les centrales de production d’électricité. Les batteries aussi pourront faciliter le stockage d’électricité dans les hôpitaux, les usines. Le tout permettra de compenser le coût d’une batterie au premier usage. Autre partenariat : en 2008, Nissan et NEC ont créé la JV AESC (Automotive Energy Supply Corporation). Cette co-entreprise a pour mission d’aller plus loin dans les recherches sur les batteries Lithium Ion et de produire ces mêmes batteries. Pour ce qui est de la recharge des véhicules, nous unissons nos efforts avec des constructeurs comme Toyota ou Mitsubishi, Fuji Heavy Industries (Subaru), ainsi qu’avec le fournisseur d’électricité Tokyo Electric, afin de trouver la meilleure solution pour les consommateurs. Ensemble, nous avons créé l’association CHAdeMO qui se consacre au traitement de cette problématique. Les gouvernements nationaux et locaux, les villes et les entreprises entrent également dans la danse : 60 partenariats sont déjà en marche, et ce n’est qu’un début ! Les possibilités ne manquent pas : une chaîne de Malls pourrait proposer aux chauffeurs de recharger leur voiture, car faire ses courses dans un grand centre commercial prend du temps. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres !

Un effort de l’amont à l’aval
Les efforts de l’Alliance Renault-Nissan ne suffiront pas à eux seuls à développer ce marché. En tant qu’entreprise citoyenne, nous fournissons un produit, faisons de notre mieux pour l’intégrer à son environnement, mais sans l’investissement de notre amont (notamment les producteurs d’électricité), de notre aval et même de nos concurrents, nous ne parviendrons pas à faire de la voiture électrique un standard du marché automobile mondiale.

Qu’est-ce que le comité Green Business de la CCIFJ ?
Le comité Green Business nouvellement créé a pour ambition de devenir un organe d’informations sur les opportunités d’affaires dans le segment environnemental et énergétique de l’industrie au Japon.

Le comité Green Business concentre son activité sur 3 thématiques :
- Amélioration de l’efficacité énergétique (sites industriels, batiments)
- Réduction des émissions (gaz à effet de serre, autres polluants)
- Développement des énergies renouvelables

Pour davantage de renseignements sur l’actualité de ce comité : c.verie@ccifj.or.jp

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